Laurent Baziller

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LES FORTIFS


3- La guerre, la Commune

Barricade rue Lafayette et Faubourg Saint-Martin - 18 mars 1871

« Faisons la révolution d’abord, on verra ensuite. »
(Louise MICHEL)


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Épisode de la Commune, rue des Rosiers, à Montmartre, Auguste Lepère, 1875
Épisode de la Commune, rue des Rosiers, à Montmartre, Auguste Lepère, 1875

De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes politiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire. Le régime républicain et la démocratie représentative n’ont été que des expériences passagères. La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au Gouvernement révolutionnaire de la Commune de 1792, ainsi qu’à l’insurrection populaire de juin 1848, sous la Deuxième République, qui a été réprimée de façon sanglante par le gouvernement issu de la Révolution de février 1848.

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Barricades de la Commune, avril 1871. Coin de la Place de l’Hotel de Ville et de la rue de Rivoli - Pierre-Ambrose Richebourg
Barricades de la Commune, avril 1871. Coin de la Place de l’Hotel de Ville et de la rue de Rivoli - Pierre-Ambrose Richebourg

Le mur étant là, les détracteurs ne manquent pas. Ils vont pointer l’absurdité d’un tel système défensif. Le 21 janvier 1841, Lamartine s’écrie depuis les bancs de la Chambre : « Paris assiégé, c’est le gouvernement renversé et la France saisie au cœur. Qu’est-ce donc que cela pour l’Europe sinon une capitulation avant la bataille ? »

En juillet 1870, Napoléon III entreprend contre la Prusse une guerre qui le conduit rapidement à Le 4 septembre 1870, à la suite d’une journée d’émeutes parisiennes, Un gouvernement de défense nationale s’installe à l’hôtel de ville de Paris officiellement pour poursuivre la guerre contre les États allemands, dont les troupes occupent le nord du pays. Selon certaines interprétations, ce gouvernement issu de la classe dominante aurait surtout œuvré à signer la capitulation et à faire accepter la défaite aux Français dans le but d’enrayer la menace du socialisme parisien, qui sans l’aide des Allemands aurait été incontrôlable.

Dès 1870, l’enceinte connaît l’épreuve du feu, mais plutôt que de se risquer à un assaut, ils se contenteront de bombarder la ville depuis les hauteurs que les canons français n’atteignent pas. Ils ne conquièrent pas la ville, Paris ne se rend pas, c’est le pays qui capitule.

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Combien de choses tentèrent les femmes en 71 ! toutes, et partout ! (Louise Michel)
Combien de choses tentèrent les femmes en 71 ! toutes, et partout ! (Louise Michel)

Mais se prépare déjà un autre siège : celui de la Commune (siège de Paris, vue des fortifications, Charles-Camille Chazal - 1870). Les armées Versaillaises, celles du gouvernement légal, chargées de la répression de l’insurection n’entreront pas dans Paris au prix de combats homériques livrés au pied des murs, elles s’introduiront presque subrepticement par la poterne du Point du Jour, dont un citoyen, leur aura indiqué le relatif dénument.
La Commune aura tenu soixante-dix jours. Commence alors la Semaine puis la

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La terreur sous La Commune, 1871
La terreur sous La Commune, 1871

En 1876, le journaliste et polémiste socialiste Prosper-Olivier Lissagaray, ancien communard, estime de 17 000 à 20 000 le nombre des fusillés. En 1880, le journaliste et homme politique Camille Pelletan, membre du Parti radical-socialiste élève le nombre des victimes à 30 000. Toutes ces estimations ont été depuis largement revues à la baisse par l’historien britannique Robert Tombs, qui estime que les communards ont eu entre 6 000 et 7 500 morts, dont environ 1 400 fusillés. Les Versaillais déplorent 877 tués, 6 454 blessés et 183 disparus dans les combats livrés du 3 avril au 28 mai.

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Le retour des Parisiens dans la capitale en juin 1871
Le retour des Parisiens dans la capitale en juin 1871 - Anonyme

Les tribunaux prononcent 10 137 condamnations dont 93 à mort, 251 aux travaux forcés, 4 586 à la déportation (en particulier en Nouvelle-Calédonie), les autres à des peines de prison variables. Vingt-trois condamnés à mort seront effectivement exécutés. Les lois d’amnistie interviennent en 1880.

Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale vote la réhabilitation de toutes les victimes de la répression versaillaise.