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LES FORTIFS


11- Des ouvrages considérables

Les structures du Boulevard Périphérique, porte de Bagnolet

« De notre point de vue, l’autoroute est la grande opportunité négligée dans le projet urbain. » Kevin Lynch


Bastion n° 1 de Bercy hier et aujourd’hui

Bastion n° 1 de Bercy hier et aujourd’hui

Échangeur de Bercy et le bastion n° 1

Échangeur de Bercy et le bastion n° 1

Le bastion n° 1 étouffé dans l'échangeur de la porte de Bercy

Le bastion n° 1 étouffé dans l’échangeur de la porte de Bercy

Le bastion n° 1 étouffé dans l'échangeur de la porte de Bercy

Le bastion n° 1 étouffé dans l’échangeur de la porte de Bercy

À son achèvement en 1969, l’échangeur de la porte de Bercy est le plus grand d’Europe avec ses trois niveaux de circulation et ses vingt-deux bretelles. On y trouve comme enveloppé le bastion numéro 1 de l’enceinte qui a été préservé, mais étouffé par les bretelles de ce dispositif autoroutier. Aujourd’hui, avec sa boucle de 35 kilomètres, ses 100 hectares de voies principales et ses 38 hectares de bretelles le périphérique existe, et malgré ses défaut a l’intérêt d’être une scène métropolitaine assez extraordinaire.

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Les échangeurs du périphérique, vu d’une tour de la porte de la Chapelle, 2011

« L’autoroute est – ou pourrait être – une œuvre d’art. La vue depuis la voie peut être un jeu dramatique d’espace et de mouvement, de lumière et de texture, embrassant une échelle nouvelle. Ces longues séquences pourraient rendre intelligibles nos grands territoires métropolitains : le conducteur verrait comment la ville est organisée, ce qu’elle symbolise, comment les habitants l’utilisent et quel est son propre rapport avec elle. De notre point de vue, l’autoroute est la grande opportunité négligée dans le projet urbain. »
Kevin Lynch, urbaniste américain, The View from the Road, 1964.

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Doubler la hauteur de ces HBM en greffant des maisons individuelles en forme d’alcôves hexagonales imbriquées les unes aux autres

Son destin est-il d’être préservé, sanctifié ? Ou est-il d’être enterré, effacé ? Aujourd’hui le périphérique est un paysage sur lequel des architectes de grand talent se sont exprimés :

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L’institut national du judo de l’Architecture Studio

L’hôpital Robert Debret conçu par l’architecte Pierre Riboulet, dont la forme courbe est déterminée par la configuration du boulevard périphérique à son endroit

L’hôpital Robert Debré conçu par l’architecte Pierre Riboulet, dont la forme courbe est déterminée par la configuration du boulevard périphérique à son endroit

Le stade Charlety, construction élégante d’Henri Gaudin

Le stade Charlety, construction élégante d’Henri Gaudin

La cité administrative et technique de la ville de Paris construite par Michel Kagan sur le quai d’Ivry

La cité administrative et technique de la ville de Paris construite par Michel Kagan sur le quai d’Ivry

Le centre commercial de Bercy 2 des architectes Renzo Piano et Jean-François Blassel dont toute la géométrie est conditionnée par la configuration de la bretelle de l’échangeur

Le centre commercial de Bercy 2 des architectes Renzo Piano et Jean-François Blassel dont toute la géométrie est conditionnée par la configuration de la bretelle de l’échangeur

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Porte Brancion (XVe), logements et terrains de sport au-dessus du boulevard périphérique.

Immeuble antibruit de Gérard Thurmauer porte de Bagnolet

Immeuble antibruit de Gérard Thurmauer porte de Bagnolet (en haut à gauche de la photo)

Gymnase suspendu porte de Vincennes

Gymnase suspendu porte de Vincennes

Le périphérique est un décor architectural continu extrêmement intéressant, dans lequel, parfois, certaines opérations essayent de résoudre certains problèmes réels des habitants (400 000 habitants vivent à moins de 400 mètres du boulevard), comme pour cet immeuble antibruit porte de Bagnolet ou ce projet de gymnase-pont enjambant les huit voies de l’anneau parisien le long de l’avenue Courteline en bordure du pont qui relie Paris à Saint-Mandé, ou encore le projet ci-dessus, Porte Brancion (XVe), de logements et de terrains de sport qui doivent être aménagés juste au-dessus du boulevard périphérique.

Vue de la maquette du superpériphérique

Vue de la maquette du superpériphérique (en haut à gauche de la photo)

Coupe du projet de superpériphérique

Coupe du projet de superpériphérique

Très vite, certains projets liés au périphérique ce sont montrés inopérants (surtout quand les autres autoroutes de ceinture n’étaient pas encore réalisées) comme le projet de super-périphérique de René Sarger étudié dans les années 60, proposant de doubler le périphérique tout juste ouvert à la circulation en le survolant par un gigantesque ouvrage en viaduc. Le périphérique a été aussi l’objet de certaines réflexions de la politique des grands travaux de François Mittérrand, comme ce projet d’Alexandre Chemetoff pour le parc de La Villette qui a l’idée de faire passer le périphérique dans les jardins.

« Réinventer Paris », quelques projets proches du périphérique


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Mille arbres, boulevard Pershing (XVIIe)

« Mille arbres » 16-24 boulevard Pershing (XVIIe)
Concepteur : Sou Fujimoto Architects, Manal Rachdi, Oxo, Moz, Atelier Paul Arène, Pierre-Alexandre Risser Horticulture & Jardins.
« Navire » qui devrait remplacer l’actuelle gare routière des bus, au milieu d’un tout nouveau parc chevauchant le périphérique, lui-même traversé par une rue jalonnée de restaurants.

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Tour enjambant le périphérique (XVIIe)

« La Ville multi-strate » Ternes-Villiers-Champerret (XVIIe)
Concepteur : Jacques Ferrier Architectures, Chartier Dalix Architectes, SLA Paysagistes.
Ce projet chevauche le périphérique en venant combler une tranchée ouverte entre deux ponts, à côté de la chapelle Notre-Dame-de-la-Compassion. Cet enjam­be­ment accueillera une tour de bureaux, de logements et de commerces, dotée d’une structure bois et d’une toiture végétalisée.

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Jardins habités, rue Pitet, (XVIIe)

« Pichet NLA » 5-10 rue Pitet (XVIIe)
Concepteur : Nicolas Laisné Associés, Bassinet et Turquin
Trois bâtiments comptabilisant 66 logements, dont 22 sociaux ou intermédiaires, et 169 m2 d’activité en rez-de-chaussée. Le tout pensé comme une succession de « jardins habités ». Ces logements sont principalement en panneaux en bois lamellé-croisé, ou panneaux massifs.

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Le nouveau projet végétal visible depuis le périphérique parisien

« Node » Poterne des Peupliers - Rue Sainte-Hélène (XIIIe)
Concepteur : AAVP Architecte : Vincent Parreira, Antonio Virga
Sur un terrain de plus de 2 000 m², ce projet de nouveau très « végétal » réunit une plateforme de logistique urbaine et un funérarium, couronné d’une résille métallique vaporeuse. Les vignes rampantes poussent dans les zones en retrait du plan, créant des coins propices au maintien de la biodiversité.

Les considérations actuelles


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L’annulaire-rapide, projet de Christian de Portzamparc se veut un moyen de transport rapide, aérien installé au dessus du périphérique

Aujourd’hui, c’est à l’échelle de la métropole que le destin de cet anneau est posé. Cet anneau épais de 400 mètres qui intercepte la plupart des voies importantes de la région parisienne (qui voit passer chaque jour 1,2 million de véhicules, soit un quart du trafic parisien) va-t-il devenir un territoire replié sur lui-même, rendu confortable, rendu praticable, ou va-t-il être un lieu d’articulation de Paris et de la banlieue comme l’ont proposé depuis longtemps l’Atelier Parisien d’Urbanisme, l’institut d’aménagement et d’urbanisme de la région ?

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Imaginé par le studio Planning Korea, le concept devrait s’implanter au dessus du boulevard périphérique, dans le XVIIe arrondissement de la Capitale

En réponse au projet urbain « Réinventer Paris » initié par Anne Hidalgo, un groupe d’architectes coréens partage sa vision de ce que pourrait être la Ville lumière au XXIe siècle. Baptisé « L’air Nouveau de Paris », le concept imagine une construction futuriste au milieu de la ville. Il s’agit d’une série de capsules ovoïdes connectées entre elles et montées sur pilotis. Fabriquée en verre, chaque capsule peut servir de bureau, de local commercial ou résidentiel aux citadins parisiens. S’étendant sur une surface de 3 800 mètres carrés, la structure s’inspire des micro-organismes présents dans la nature. Sa conception interconnectée est pensér pour renforcer les liens entre les bâtiments tandis que sa façade entièrement vitrée permet de disposer d’une vue panoramique à 360 degrés sur la ville.

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Deux concepteurs urbanistes proposent de vider le périphérique de toutes ses voitures et d’y construire logements et parcs dès 2025

Un autre projet révolutionnaire et réalisable pourrait faire sortir Paris de la crise du logement et réduire drastiquement la pollution : il s’agit de métamorphoser le boulevard périphérique en un grand espace habité et paysager, entièrement libéré de ses voitures ! Ses chiffres sont sérieux : sur 150 hectares, trois millions de mètres carrés seraient construits, 35 à 50 000 logements bâtis, et 45 hectares de biodiversité installés sur les 35 kilomètres de la boucle qui encercle la capitale. Cette idée s’inscrit dans un nouvel espace où la capitale se fond dans la future Métropole de Paris et où le périphérique ne constitue plus une frontière entre Paris et sa banlieue.

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Paris, porte de Saint-Ouen. La suppression de ce ruban de 35 kilomètres permettrait de récupérer 150 hectares pour construire des logements

N’étant plus une frontière, la grande boucle d’asphalte peut se métamorphoser. Ce serait un grand parc circulaire connecté avec les autres espaces verts : bois de Boulogne, bois de Vincennes, parc de la cité universitaire, héliport de Paris. L’ouvrage n’est pas démoli, tous les équipements (sportifs, culturels) et les moyens de transports (métro, tramway, Grand Paris Express) sont à proximité.

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Extrait de Paris + 2°C (c) Y. Gourvil et C. Leroux, Et Alors, Commande mairie de Paris, 2010

Aménager des jardins, construire des logements sur le périph ne pose aucun problème technique. Que faire de l’actuelle circulation automobile sur le premier axe routier d’Europe (270 000 véhicules/jour) ? Les flux de camions seraient déplacés sur l’A104. L’A86 serait alors transformée en boulevard urbain. Pour compenser l’usage de la voiture individuelle, un réseau dense de bus, notamment électriques, serait mis rapidement en place entre l’ex-périph et l’A86, en offrant un service comparable à celui en ville (un bus toutes les cinq minutes). Cette solution radicale propose une solution forte à la crise urbaine en sacrifiant l’usage personnel de l’automobile en région parisienne. Projet utopique ou incroyablement optimiste qui accompagnerait la Ville Lumière dans un saut qualitatif au XXIe siècle.

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Le périph plombé !

Paris ne sera certainement pas à l’avenir une ville conti­nue. Cette césure existe, elle a des qualités paysagères. Elle a une histoire extrêmement complexe, édifiante. Le tramway sur le boulevard des Maréchaux peut aussi changer la destinée de cet anneau et en faire un lieu de transports plus collectifs. Cet anneau double au delà de son histoire d’un siècle et demi reste un des terrains d’aventure des plus intéressants de la région parisienne et peut-être de l’Europe.