Laurent Baziller

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LES FORTIFS


2- De quoi s'agit-il ?

Panorama de la Station de Ménilmontant - 1905

Un paysage composite de cabanes, de roulottes, d’élevages domestiques et de cultures potagères qui ceinture Paris


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Locomotive 230 G 353 de la SNCF sur la Petite Ceinture de Paris
Locomotive sur la Petite Ceinture de Paris

L’enceinte associe un boulevard militaire, planté, qui fait le tour de Paris et qui deviendra le boulevard des Maréchaux. À l’intérieur, la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture a une fonction militaire, car il s’agissait de relier entre eux les bastions et de permettre l’unification du système défensif et le mouvement rapide des troupes. Ouverte par tronçon dès 1852, la petite ceinture rempli rapidement sa mission lors de la guerre de 1870 en transportant près de 800 000 hommes de troupes.

La zone en 1912 Porte d'Italie,
Eugène Atget
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Un taudis dans la Zone,
vers 1930
Un taudis dans la Zone, dans les années 1930

Enfin le mur large de 128 à 150 mètres, est accompagné d’une zone non ædificandi (zone sur laquelle il est interdit de construire de façon permanente) d’une profondeur de 450 mètres et qui demeure pour tous les Parisiens “la zone”, où habitent les zoniers, où zonent les zonards. Un paysage composite de cabanes, de roulottes, d’élevages domestiques et de cultures potagères qui ceinture Paris.

Cette enceinte aura tout d’abord un impact important sur les Parisiens puisque 25 000 ouvriers seront à l’œuvre sur son chantier. Elle sera mise à l’épreuve pendant la guerre de 1870 et sera ridiculisée par l’artillerie allemande, car celle-ci, tout en restant hors de portée des forts détachés (voir Chapitre 3 - La Commune) arrive tout de même à bombarder Paris au dessus de ces deux systèmes (comme ici à la Porte Maillot).

Le siège de Paris par les Prussiens,
vers 1870
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Soldats prussiens aux portes de Paris, vers 1870
Soldats prussiens aux portes de Paris, vers 1870

En revanche, les fortifications ont fonctionné dans un premier temps lorsque les Français s’y retranchent en 1870 : avec la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le nord de la France et vont mettre le siège devant Paris. Dans un second temps en 1871 (négociant avec les Prussiens, Thiers monte de toutes pièces une nouvelle force qui doit bientôt entrer dans Paris), lorsque la Commune s’y retranche 70 jours face aux Versaillais, avant l’assaut final en mai 1871.

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Carte des fortifications de Thiers, du mur des Fermiers Généraux et des forts détachés,
1841
Carte des fortifications de Thiers, du mur des Fermiers Généraux et des forts détachés - 1841 Bibliothèque historique de la Ville de Paris © Roger Viollet

Le système d’ouvrages détachés constituant la première ligne de défense à quelques kilomètres de Paris, en complément de l’enceinte entourant Paris est constitué de :

  1. Fort Couronne de la Briche, Fort de la Double-Couronne et Fort de l’Est à Saint-Denis ;
  2. Fort d’Aubervilliers à Aubervilliers ;
  3. Fort de Romainville aux Lilas ;
  4. Fort de Noisy à Romainville ;
  5. Fort de Rosny à Rosny-sous-Bois ;
  6. Fort de Nogent à Fontenay-sous-Bois ;
  7. Fort neuf de Vincennes à Paris ;
  8. Fort de Charenton à Maisons-Alfort ;
  9. Fort d’Ivry à Ivry-sur-Seine ;
  10. Fort de Bicêtre au Kremlin-Bicêtre ;
  11. Fort de Montrouge à Arcueil ;
  12. Fort de Vanves à Malakoff ;
  13. Fort d’Issy à Issy ;
  14. Forteresse du Mont-Valérien à Suresnes.