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3-De quoi s’agit-il ?

Un paysage composite de cabanes, de roulottes,d’élevages domestiques et de cultures potagères qui ceinture Paris.

Famille Bailly/Chenneviere qui a vécu sur la zone, entre Saint-Ouen et Clichy. Par Jennifer Guennec

L’enceinte associe un boulevard militaire, planté, qui fait le tour de Paris et qui deviendra le boulevard des Maréchaux.

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Fortifications Boulevard Berthier, Ferdinand Marks, 1902

À l’intérieur, la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture a une fonction militaire, car il s’agissait de relier entre eux les bastions et de permettre l’unification du système défensif et le mouvement rapide des troupes. Ouverte par tronçon dès 1852, la petite ceinture rempli rapidement sa mission lors de la guerre de 1870 en transportant près de 800 000 hommes de troupes.

Enfin le mur large de 128 à 150 mètres, est accompagné d’une zone non ædificandi (zone sur laquelle il est interdit de construire de façon permanente) d’une profondeur de 450 mètres.
Pour les Parisiens, c’est “la zone”, où habitent les zoniers, où zonent les zonards… (le bois de Boulogne y est rasé pendant la guerre de 1870).

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Locomotive 230 G 353 de la SNCF sur la Petite Ceinture de Paris

Un taudis dans la Zone, dans les années 1930

Aspect du Bois de Boulogne dans la zone avoisinant l’enceinte fortifiée du grand lac. Par Joseph Burn Smeeton, 1870

Obsolescence programmée

Cette enceinte aura tout d’abord un impact important sur les Parisiens puisque 25 000 ouvriers seront à l’œuvre sur son chantier.
Elle sera mise à l’épreuve pendant la guerre de 1870 et sera ridiculisée par l’artillerie allemande, car celle-ci, tout en restant hors de portée des forts détachés (voir Chapitre 5 – La guerre, la Commune) arrive tout de même à bombarder Paris au dessus de ces deux systèmes (visuel ci-dessus : la porte Maillot bombardée).

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La porte Maillot, 4 mois de siège et de bombardements prussiens, 1871

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Fortifications, Lucien-Gilbert Darpy, 1919-1

Paris à l’abri des canons ?

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Barricades de la Commune. Coin de la Place de l’Hotel de Ville et de la rue de Rivoli. Par Pierre-Ambrose Richebourg, avril 1871

« Quoi ! Paris fortifié ! Paris ville de guerre ! Paris dominé par vingt forts ! Paris cerné par 2 400 canons, servis par dix ou douze mille canonniers d’une milice quelconque ! Paris citadelle de la France ! Paris, dans un tel état, serait le dernier asile que la liberté voudrait habiter ! Mais vous fermez donc les yeux ! Quoi ! c’est une telle ville que vous offrez pour sécurité aux représentants des quatre-vingts cinq départements dans les jours de crise ! C’est là qu’ils délibéreront libres et inviolables sous la gueule de deux cents bouches à feu, dont une population affamée et ombrageuse tiendra la mêche ! » 

Discours de M. De Lamartine. Chambre des Députés. Session de 1840-1841.

Avec la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le nord de la France et vont mettre le siège devant Paris.

En revanche, les fortifications ont fonctionné dans un premier temps lorsque les Français s’y retranchent en 1870.
Dans un second temps en 1871 (négociant avec les Prussiens), Thiers monte de toutes pièces une nouvelle force qui doit bientôt entrer dans Paris, lorsque la Commune s’y retranche 70 jours face aux Versaillais, avant l’assaut final en mai 1871 par la poterne du Point du Jour.

La grande nouvelle, c’est que le rempart a été franchi hier, entre trois et quatre heures, sur deux points à la fois, au Point-du-Jour et à Montrouge. […] L’effervescence est terrible. Les barricades sont gardées par des détachements qui ne laissent passer personne. La crise est venue, et cet effarement va durer jusqu’à
la victoire complète de Versailles. Jusque-là, tous les journaux honnêtes étant supprimés, on ne saura que ce qu’on aura vu soi-même.

Émile Zola au journal Le Sémaphore de Marseille, le 22 mai 1871
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Carte des fortifications de Thiers, du mur des Fermiers Généraux et des forts détachés. Par J. Andriveau-Goujon, 1841

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Le bastion n° 40 à la porte de Saint-Ouen, armé de la Joséphine, peinture de Guiaud et Decaen

Batterie dirigée sur Paris pendant l’insurrection au Fort d’Aubervilliers

Le système d’ouvrages détachés, constituant la première ligne de défense à quelques kilomètres de Paris, en complément de l’enceinte entourant Paris, est constitué de :